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 Basques demandeurs d'asile au Canada - L'écho du silence

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Mari belagilea
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MessageSujet: Basques demandeurs d'asile au Canada - L'écho du silence   Ven 13 Mai - 1:45

http://www.ledevoir.com/2005/05/12/81555.html

Basques demandeurs d'asile au Canada - L'écho du silence
Eduardo de Arriluzea
Prisonnier politique basque à la prison de Rivière-des-Prairies

Édition du jeudi 12 mai 2005

«La torture, ce grand thème tabou, est l'un des principaux problèmes de
la société. La torture est un phénomène complexe qui nous affecte tous.
Le pire dans la torture n'est pas qui la subit mais bien qui l'accepte.
C'est la partie insidieuse et invisible. On essaie de détruire les
mécanismes directs des premiers et on contrôle petit à petit les
sentiments, la sensibilité et la pensée des seconds, jusqu'à les
transformer en robots dociles, en personnes anesthésiées, sans capacité
critique ni possibilité de rébellion. C'est ainsi que se dévoilent les
sociétés endormies et soumises qui se croient libres et démocratiques,
qui acceptent le rêve trompeur d'une paix merveilleuse qui rappelle
celle des chimères.» -- Eva Forest, Torture en Pays basque, rapport 2002

Lors de sa visite à Ottawa, en avril 2001, Jean Chrétien accordait
toute sa crédibilité à son homologue espagnol José María Aznar,
jongleur du mensonge à la moustache hitlérienne, pendant que Gorka
Perea Salazar et moi étions deux jeunes Basques demandeurs de l'asile
politique, c'est-à-dire ceux qu'on n'avait pas invités.

Depuis, quoique nous ayons toujours suivi à la lettre les exigences des
autorités canadiennes, notre crédibilité est sans cesse mise en doute,
même si, jusqu'à présent, personne ne nous a donné la chance d'exprimer
nos craintes.

Le fait que nos allégations de torture aient été bien documentées,
notamment corroborées par des instances internationales (Comité des
Nations unies contre la torture, Comité européen pour la prévention de
la torture, Amnistie internationale), ne semble pas avoir ébranlé le
Canada, loin de là. Nous sommes d'avis que seule une raison d'État peut
expliquer tant de complaisance envers un pays qui fait toujours usage
de la torture à l'encontre des Basques malgré les recommandations
précises et répétées de nombreux organismes internationaux, dont le
Comité européen pour la prévention de la torture.

José Bono, ministre de la Défense du nouveau cabinet Zapatero (PSOE) au
pouvoir à Madrid, a récemment déclaré que la torture lui donne «envie
de vomir». Il se référait évidemment à la torture employée par les
Américains en Irak et à Guantánamo. Aurait-il par hasard lu le rapport
d'Amnistie internationale de 2004 sur l'Espagne ?

Même si le nouveau gouvernement fait usage des mots «respect des droits
humains» comme d'un moulin à prières, il continue à appliquer la loi
antiterroriste. De nos jours, les forces de la police opérant en Pays
basque emploient des procédés qui relèvent de la barbarie nazie, avec
de véritables laboratoires de torture munis de baignoires spéciales et
tout ce qu'il faut. Parmi les 55 détenus basques ayant porté plainte
pour tortures en 2004, plusieurs garderont longtemps les traces
physiques et psychologiques des sévices qu'ils ont subis : certains ont
des plaies dans le dos provoquées par des brûlures causées par des
chocs électriques, d'autres ont le visage enflé à la suite des coups
donnés par les bourreaux.

Les témoignages publiés sont tellement précis qu'ils ne peuvent laisser
aucun doute sur la dure réalité de la torture. Leur impact réside dans
l'extrême violence qu'ils décrivent avec précision. On y trouve un
effroyable témoignage qui décrit une brutalité extrême et qui a
bouleversé la société civile basque ces derniers temps. Il s'agit du
cas d'Amala Urizar, une jeune fille arrêtée le 29 octobre dernier par
la Guardia Civil (garde civile de l'armée espagnole). Sur dix pages,
Amala relate courageusement le viol dont elle a été victime aux mains
de ses tortionnaires, qui ont fait usage d'un pistolet ainsi que du
supplice de la baignoire.

De fait, les membres du gouvernement, les juges et les médecins
légistes espagnols connaissent l'existence de ces atrocités, parfois
dans tous leurs détails. Ils peinent cependant à en mesurer l'ampleur
ou à la reconnaître. Puisque ces méthodes sont tolérées, voire
encouragées au nom de l'efficacité, ces responsables donnent donc le
signe d'une véritable institutionnalisation de la torture.

Force est de constater que la plupart des plaintes sont archivées par
les autorités judiciaires sous le prétexte d'un manque de preuves
objectives. Il n'est donc pas faux de parler de répression aveugle : le
chiffre de plus de 5000 victimes depuis le commencement de la
«transition démocratique» en 1977 n'est pas infirmé.

Ainsi, la torture, couplée aux arrestations arbitraires et aux
interdictions de partis et d'organisations politiques assorties parfois
d'exécutions sommaires (cas de Kalparsoro et Geresta, militants basques
retrouvés morts après avoir été arrêtés par les forces de sécurité de
l'État), est la pièce centrale de ce dispositif répressif validé par le
pouvoir politique. La mémoire historique nous permet de rappeler que
ceux qui gouvernent aujourd'hui (Parti socialiste) sont les mêmes qui
ont mis sur pied les escadrons de la mort (GAL) durant les années 80.

Ne mâchons pas les mots : il règne au Pays basque un état de siège
hypocrite où les prérogatives de la «justice à l'espagnole» sont
réaffirmées avec la mise en place de lois de plus en plus
exceptionnelles, comme celle qui prévoit l'allongement de cinq à dix
jours de la période de détention au secret.

Au Pays basque, tout arbitraire dans les arrestations, toute brutalité
dans les perquisitions, tous ces actes affichant le mépris de la vie
humaine, toute discrimination dans les contrôles auront certainement
leurs répercussions. Je n'ai pas à savoir si l'état de siège régulier
n'était pas préférable. Mais ce que j'affirme avec force et conviction,
c'est que l'état d'exception hypocrite gangrène une solution
démocratique au conflit politique qui oppose le Pays basque aux États
espagnol et français.

Il faut dénoncer aussi leurs complices et leurs collaborateurs comme le
Canada qui, par son silence assourdissant, a permis et permet encore et
toujours à ce fléau mondial nommé torture de s'étendre.

Le dernier jugement rendu par la Cour d'appel du Québec, qui nous
renvoie, Gorka Perea Salazar et moi, en prison, nous amène à constater
avec effroi que le Canada semble vouloir imposer la déraison pour ne
pas déranger son partenariat commercial avec l'Espagne. C'est pourquoi
nous devons persévérer dans la dignité et la valeur de la personne
humaine au-dessus de toute marchandise. L'Espagne torture, Canada
complice ! Liberté pour le Pays basque !
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